Autopartage Citiz : que cachent réellement les chiffres du bilan national ?
À l'occasion de la Semaine européenne de la mobilité, le réseau Citiz a publié son bilan national d'autopartage: 2 800 véhicules déployés dans 280 communes, 130 000 clients au compteur et, selon…

À l'occasion de la Semaine européenne de la mobilité, le réseau Citiz a publié son bilan national d'autopartage: 2 800 véhicules déployés dans 280 communes, 130 000 clients au compteur et, selon l'enquête nationale de l'ADEME, jusqu'à sept voitures individuelles remplacées par chaque véhicule partagé. Voilà pour la promesse, orchestrée comme il se doit entre chiffres ronds et storytelling urbain. Reste, comme souvent avec ce type de communiqué, la question que personne ne pose: concrètement, est-ce que ça change quelque chose pour celui qui cherche une voiture, pas une doctrine?
Sept voitures remplacées: la moyenne ou l'argument commercial?
Le ratio phare de l'ADEME, repris sans pincettes, veut qu'un véhicule en autoportage vaille jusqu'à sept voitures particulières retirées de la circulation. Le « jusqu'à » mérite qu'on s'y arrête: il transforme une moyenne statistique en promesse marketing. Sans détail méthodologique sur les usages réels (urbain dense vs. périurbain, fréquence de rotation, durée de stationnement), ce chiffre reste un outil de séduction plus qu'une preuve d'impact mesurable. Pour vous, concrètement, cela signifie une chose: ne confondez jamais moyenne nationale et gain personnel sur un trajet précis.
280 communes: qui est vraiment servi?
Sur les quelque 35 000 communes que compte la France, Citiz en couvre 280, essentiellement dans les grandes métropoles et leurs couronnes. C'est cohérent avec le modèle économique, mais cela réduit considérablement le public potentiel. Pour tous ceux qui envisagent l'autopartage hors de ces zones — week-ends prolongés, vacances, trajets interurbains — la promesse s'évapore aussi vite qu'un créneau non disponible un samedi matin. Et c'est précisément là que la location classique reprend la main: disponibilité immédiate, kilométrage choisi, retour sans gymnastique urbaine.
Avant de signer, trois vérifications utiles
Si l'idée d'adhérer fait son chemin, trois vérifications s'imposent avant de sortir la carte bancaire. Premier point, la grille tarifaire réelle: le prix à la minute grimpe vite dès que le trajet dépasse une heure, et les forfaits mensuels ne deviennent intéressants qu'à condition d'utiliser le service régulièrement. Deuxième point, la disponibilité effective: un service qui affiche 2 800 véhicules mais dont la station la plus proche est à 25 minutes à pied ne vous sert à rien. Troisième point, trop souvent oublié: la couverture d'assurance et la franchise en cas de sinistre, qui peut transformer une « économie » en mauvaise surprise.
Mon avis? Le bilan de Citiz a le mérite de poser des chiffres sur la table et d'exister au bon moment de l'agenda médiatique. Il a surtout le tort de confondre communication de Semaine de la mobilité et mode d'emploi du consommateur. Pour décider si l'autopartage vaut le coup dans votre cas, il n'y a qu'une méthode: faire le calcul du trajet réel, dans la vraie vie, avec vos horaires à vous.