Combien de jours passons-nous réellement au volant chaque année ?
D'après cette enquête menée dans 15 pays et relayée par Auto Plus, les Français cumuleraient donc 5h10 hebdomadaires de conduite, ce qui les place en treizième position.

Cinq heures dix par semaine au volant, soit onze jours par an. C'est le joli chiffre que nous ressort une étude internationale commandée par Autotrader, le marketplace britannique bien connu pour vendre des voitures — et accessoirement pour nous expliquer comment les choisir. Sympa, le programme: on vous dit combien de temps vous passez à conduire, et hop, vous achetez mieux. Sauf qu'avant de vous vendre du confort et de l'habitabilité, il faudrait déjà que le chiffre tienne debout.
Onze jours par an: merci qui?
Juste derrière l'Allemagne (11 jours et 14 heures) et l'Espagne, mais loin devant l'Afrique du Sud, qui flirte avec les 23 jours annuels. Seuls le Royaume-Uni et les Pays-Bas font mieux, probablement grâce à des réseaux ferroviaires et urbains que la France regarde encore avec une jalousie mal dissimulée.
On notera au passage que le podium de l'enfermement automobile n'est pas celui qu'on attend. L'Irlande talonne l'Afrique du Sud, l'Autriche et la Belgique ne sont pas en reste. La France, avec ses métropoles bien desservies et ses zones rurales condamnées à la bagnole, se contente d'un médian confortable. Rien de glorieux, rien de dramatique: du typique. Le genre de chiffre qui ne dit pas grand-chose sur vos trajets du dimanche, mais qui rassure très bien les éditos.
L'aveu déguisé du loueur
Là où le bât blesse, c'est quand on regarde la méthode. Auto Plus le rappelle — à son honneur —: les chiffres reposent sur des déclarations subjectives. Pas de télématique embarquée, pas de mesure objective: du déclaratif, du ressenti, du « à peu près ». Et c'est précisément ce déclaratif qu'Autotrader transforme en argumentaire: « Connaître son temps de conduite, c'est choisir un véhicule adapté à son usage », en privilégiant confort, habitabilité ou fiabilité selon l'intensité.
Pardon? Vous financez une étude dont la méthodologie est auto-déclarative, commandée par un acteur qui vend des voitures, et vous en déduisez que les consommateurs vont soudainement acheter différemment? C'est beau, le marketing. On est exactement dans le même registre que les promesses de « mobilité libre » des opérateurs de free-floating qui se heurtent aux prix réels à la borne. La disruption, en version temps perdu.
Et pour la location, alors?
Pour nous, locataires du quotidien — vacances, utilitaire du week-end, dépannage, remplacement de dernière minute —, le vrai chiffre utile n'est pas dans cette étude. C'est celui de votre propre compteur. Parce que onze jours par an, en location, ça se traduit rarement par onze jours de location. Une journée pour les vacances d'été, une autre pour un déménagement, une troisième pour un pneu crevé: le reste du temps, on loue à l'heure, à la journée, ou pas du tout.
La leçon à tirer est ailleurs. Si vous passez 5h par semaine au volant, votre location occasionnelle mérite un vrai comparatif: kilométrage inclus, assurance, politique de carburant, frais de jeune conducteur, franchise. Pas une étude marketing commandée par un vendeur de voitures. Le temps, c'est de l'argent — et c'est aussi ce que vous facturent les loueurs quand vous oubliez de comparer avant de signer.