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Brigitte : le roadster électrique au charme des années 30 qui bouscule les routes pyrénéennes

Brigitte « transforme les cols en terrain de jeu silencieux »: c'est la promesse d'Auto Plus pour ce drôle de roadster 100 % électrique et 100 % vintage qui sillonne les Hautes-Pyrénées depuis deux ans.

Brigitte : le roadster électrique au charme des années 30 qui bouscule les routes pyrénéennes

Entre Loudenvielle et Saint-Lary-Soulan, deux hôtels 4 étoiles du groupe HIS le proposent à leurs clients, pour une demi-journée ou une journée entière. Pour la niche location, c'est un OVNI – plutôt un produit d'expérience taillé pour les séjours haut de gamme, sans tarif public connu pour le moment. Et c'est précisément ce flou qui doit vous mettre la puce à l'oreille avant de signer.

Le pedigree, c'est concret – le prix, c'est le secret

Derrière le prénom très français, il y a Devinci Cars, constructeur installé à Saint-Sulpice-la-Pointe, dans le Tarn. La marque, créée en 2017 par le pilote Jean-Philippe Dayraut, assemble à la main des roadsters électriques néo-rétro en très petite série – généralement réservés à des collectionneurs fortunés, dixit Auto Plus. Le modèle qui circule dans les Pyrénées est la Devinci DB721: biplace à châssis tubulaire, carrosserie aluminium, sellerie cuir, commandes usinées dans la masse. Capot interminable, ailes séparées, cockpit ouvert – tout renvoie aux Grand Prix d'avant-guerre.

Côté fiche technique, ça tient la corde: environ 690 kg, 250 km d'autonomie revendiqués, 110 km/h en pointe. Largement calibré pour tourner entre les cols pyrénéens. Auto Plus cite d'ailleurs deux clients conquis qui résument leur virée à France 3: « On rentre dans une autre dimension. C'est le silence, on profite des paysages, des cols et on revient avec une expérience d'un véhicule rétro, mais électrique et hors du temps. » Aligné à 100 % avec le storytelling officiel, forcément. Sauf que le même article ne donne pas un seul chiffre tarifaire. Et quand on apprend par BFM que la Renault R5 E-Tech brille dans le top 3 européen des ventes électriques en juillet, l'écart de positionnement saute aux yeux: d'un côté le produit d'appel pour les ménages, de l'autre l'expérience signature pour hôteliers premium.

Que vérifier avant de signer?

Un roadster d'exception loué via la conciergerie d'un hôtel, ça ne s'aborde pas comme une location de série:

  • Permis et assurance: permis B suffit pour ce biplace de 690 kg, mais la couverture de votre carte bancaire sur un véhicule atypique mérite d'être vérifiée. Renseignez-vous aussi sur l'âge minimum imposé par l'hôtel.
  • Autonomie réelle: 250 km revendiqués, c'est sur le plat. En pleine ascension pyrénéenne, avec dénivelé et climatisation, tablez plus largement sur 170–180 km. Prévoyez une boucle courte, pas une traversée de massif.
  • Disponibilité et caution: Auto Plus évoque une offre cantonnée à deux hôtels, sans plateforme centralisée. Tout passe par la conciergerie – il faut donc questionner durée minimale, montant de la caution et conditions d'annulation avant toute réservation.
  • État du parc: ces roadsters tournent dans la région depuis deux ans, toujours selon Auto Plus. Demandez l'année du modèle, le kilométrage au compteur et l'historique batterie avant de partir – une batterie sollicitée en montagne n'a pas le même cycle qu'une citadine.

Mon verdict sans filtre

Brigitte coche toutes les cases du fantasme « électrique + vintage + local + artisanal » – et c'est justement ce qui doit vous garder méfiants. Le produit d'expérience se paye, et se paie cash: aucune transparence tarifaire, aucune comparaison possible, aucune portabilité de l'offre. Pour qui cherche un souvenir marquant dans les Pyrénées avec un budget large et la liste de questions prête, ça peut valoir le détour. Pour tous les autres – location utilitaire, road-trip famille, trajet quotidien – une R5, un Skoda Elroq ou un utilitaire électrique de série fera le job pour une fraction du prix, et avec une grille tarifaire que vous pourrez enfin comparer.