Location de voitures : les perspectives du marché mondial à l'horizon 2034
107,2 milliards de dollars. C'est la taille projetée du marché mondial de la location de voitures à l'horizon 2034 selon le cabinet IMARC Group, contre 86,1 milliards en 2025.

Une croissance de 2,50 % par an, qualifié par IMARC de trajectoire « mature et régulière ». Sur un secteur qui pèse déjà plusieurs dizaines de milliards, la progression peut sembler modeste. Pour vous, locataire, le chiffre pertinent n'est pas le total: c'est ce qu'il dit sur la composition de l'offre, sur les prix et sur l'électrification.
Ce que vaut vraiment ce taux de 2,50 %
Un CAGR de 2,50 % ne traduit pas une explosion, mais une confirmation structurelle. IMARC souligne que la base nord-américaine et européenne reste le socle du marché, pendant que l'Asie-Pacifique et l'Amérique latine absorbent la croissance marginale. Pour le client français, cela signifie une chose: les grands opérateurs internationaux continueront d'arbitrer entre marges et volumes, pas de se livrer une guerre tarifaire. Les hausses de tarif moyen journalier resteront la variable d'ajustement, surtout sur les segments « leisure » où la demande ne fléchit pas.
Autre chiffre clé du rapport: 74,5 % des réservations s'effectuent désormais en ligne. Vous payez donc, vous comparez, vous réservez en quelques minutes. Conséquence directe sur vos poches: les frais de comptoir (forfaits « borne », « jeune conducteur » tardifs, options « dernier pack tout compris ») restent le principal levier de marge caché. Vérifiez-les avant de cliquer, pas à l'agence.
L'électrification change l'équation économique
Le segment qui grimpe le plus vite, selon IMARC, ce n'est pas l'économique: c'est le premium et le luxe. Les flottes électrifiées deviennent un différenciateur concurrentiel, pas un caprice écologique. Le cabinet s'appuie sur le Global EV Outlook 2026 de l'AIE: près de 30 % des ventes mondiales de véhicules neufs en 2026 sont attendues en électrique, contre environ 25 % en 2025, avec une quarantaine de pays dépassant déjà 10 % de part électrique.
Pour la location courte durée, le message est clair: les véhicules thermiques resteront majoritaires en parc quelques années encore, mais leur valeur résiduelle chute. Les loueurs intégreront cette dépréciation accélérée dans leurs forfaits — vous la paierez sous forme de « surcharge jeune flotte » ou de « frais écologique ». Le segment électrique, lui, s'accompagne de frais annexes réels: borne, câble, restitution chargée, franchise gelée à 80 %. Caradisiac rappelait récemment qu'en France, la part de marché du neuf électrique atteignait 38 % en août 2026 — un record, mais sur le neuf. En parc loueur, l'électrique reste à flux tendu.
Court terme contre longue durée: la tendance lourde
IMARC confirme une bascule déjà lisible dans les grilles tarifaires: les locations courte durée prennent l'ascenseur, les contrats longue durée s'effritent. Pour un usage ponctuel week-end ou vacances, la location reste l'option la plus rentable — dès que vous dépassez 30 jours, les opérateurs intègrent des remises volume qu'il faut négocier. Vous gagnez à chiffrer votre besoin exact (jours, km, gabarit) avant de réserver.
Trois points à suivre dans les prochains mois: la publication des bilans estivaux 2026 des grands loueurs européens (tarifs moyens, taux d'occupation), l'évolution des politiques d'aide à l'achat électrique en Allemagne et au Portugal (ces leviers se répercutent mécaniquement sur les flottes mises en circulation), et la généralisation ou non de la « restitution chargée » comme clause standard dans les contrats courts.