Actualité

Vacances en voiture électrique : faut-il craindre la saturation des bornes sur autoroute ?

D'après un état des lieux publié par Auto Plus, au cœur des chassés-croisés de l'été, des vacanciers en voiture électrique redoutent les bornes saturées sur les autoroutes françaises.

Vacances en voiture électrique : faut-il craindre la saturation des bornes sur autoroute ?

Voilà, en substance, le discours qu'on nous tient depuis deux ans: voyage électrique, liberté totale, pause café pendant que la batterie se régale. Sauf que la photo de la file d'attente devant la borne a fait plus de vues que n'importe quel spot publicitaire. Je me suis plongé dans les chiffres — et franchement, c'est plus nuancé que le récit anxiogène des réseaux.

Faut-il vraiment avoir peur de l'autoroute en électrique?

Le sondage du groupe Sanef, repris par Auto Plus, est sans appel: 71 % des Français estiment que les voitures électriques ne sont pas vraiment adaptées à l'autoroute. Plus révélateur encore: 42 % des propriétaires de véhicules électriques partagent ce doute. Peur de la panne sèche, angoisse de la borne fantôme, image — bien réelle mais soigneusement filmée au pire moment — de l'aire bondée. Voilà le socle du récit anxiogène. Et pourtant, ces modèles n'ont jamais été aussi présents sur nos routes: en juillet, les voitures électriques ont atteint 35 % des ventes de véhicules neufs, un niveau inédit. Reste à voir ce qu'il y a derrière la photo choc.

Le réseau est-il vraiment saturé?

Le ministère de la Transition écologique recensait plus de 177 000 points de recharge ouverts au public au 1ᵉʳ septembre 2025. VINCI Autoroutes, Sanef, APRR et AREA annoncent désormais 100 % de leurs aires de services équipées en bornes rapides ou ultra-rapides, avec au moins une station tous les 45 à 50 km. La couverture existe. Ce qui coince encore, ce sont les créneaux critiques — entre 12 h et 14 h lors des grands départs, quand l'aire entière est saturée (restaurants, toilettes, IRVE comprises). Ce n'est pas un problème de réseau: c'est un problème de flux, et aucun opérateur ne peut bétonner une aire pour le seul moment du pique-nique estival.

Comment ne pas se planter au moment de louer?

Patrice L., 56 ans, cadre lyonnais, a pris le volant d'une Ford Explorer EV pour rejoindre Douarnenez — près de 1 000 km avec une halte à Angers. Avant de partir, il avait tout calé sur A Better Routeplanner, persuadé que le moindre écart signifierait l'enfer. Verdict du terrain: pas de file monstrueuse, pas de borne fantôme. Moralité: le voyage longue distance en électrique se prépare comme un vol low-cost — on regarde la carte, on accepte une marge, et on arrête de croire au plein en cinq minutes comme à la pompe.

Avant de signer chez le loueur, trois questions à se poser:

  • Le modèle réservé est-il compatible avec les bornes ultra-rapides (CCS, 150 kW et plus)? Sinon, doublez le nombre de pauses.
  • L'autonomie WLTP annoncée: retranchez 25 à 30 % pour l'autoroute à 130 km/h. Toujours.
  • Avez-vous installé un planificateur (A Better Routeplanner, Chargemap) et vérifié l'état des stations la veille du départ?

Cochez ces trois cases et la location d'un électrique pour les vacances n'est plus un acte de foi. C'est un choix éclairé — à condition de garder un œil sur le créneau 12 h-14 h, là où l'illusion de la saturation fait encore recette sur les réseaux.