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Infractions routières en Belgique : pourquoi les conducteurs français paient si peu

D'après une étude du service public fédéral Justice belge, rendue publique par la télévision flamande VRT, seuls 45,6 % des automobilistes français verbalisés en Belgique en 2026 ont effectivement réglé leur amende.

Infractions routières en Belgique : pourquoi les conducteurs français paient si peu

Pendant ce temps, les Néerlandais caracolent à 85,7 %. Pour qui loue une voiture et traverse la frontière sans sourciller, c'est moins un fait divers qu'une promesse de note à venir — et la note finit toujours par arriver, fût-elle en version majorée.

On est vraiment les cancres de l'Europe?

Les chiffres sont sans appel, et ils viennent de l'administration belge elle-même — pas d'un concurrent jaloux ni d'un influenceur en mal de buzz. Sur les cinq dernières années, nos voisins ont collé 1,5 million d'amendes à des automobilistes tricolores. Le taux de paiement recule méthodiquement: 55 % en 2021, 52,5 % en 2025, 45,6 % en 2026. À ce rythme, dans trois ans, on pourra afficher un zéro pointé assumé. Les Luxembourgeois règlent leurs PV à 80,5 %, les Allemands à 75,1 %. L'écart dépasse les vingt points avec nous, et la tendance ne s'inverse pas. Voir la France bonne dernière d'un classement sur le respect des règles de circulation, je ne sais pas pour vous, mais ça ne m'étonne qu'à moitié — sauf que là, ce sont les chiffres officiels du SPF Justice belge, pas une enquête d'opinion.

En location, on ne peut pas se planquer

Premier point qui fâche: quand on loue un véhicule, on n'est pas anonyme, et surtout pas fantôme. Votre nom est dans le contrat, votre adresse aussi, et votre numéro de permis finit invariablement dans la base du loueur. La quasi-totalité des professionnels intègrent une clause de « gestion des infractions » dans leurs conditions générales: ils reçoivent l'avis, vous facturent des frais de dossier — souvent 30 à 50 € pour le simple plaisir administratif — transmettent vos coordonnées à l'autorité étrangère, puis vous refacturent l'amende. Penser qu'on peut « laisser traîner » en se disant que ça restera en Belgique? Le loueur, lui, n'a aucune envie de prendre le risque à votre place. Il coopère avec les autorités, point final. Et l'amende, rappel utile, suit le conducteur, pas la voiture.

Le piège que le classement ne raconte pas

Une nuance que beaucoup zappent dans leur lecture rapide: l'étude belge ne mesure que les paiements réalisés dans le cadre strict de la procédure belge. Mais la France et la Belgique échangent leurs fichiers — et pas en option. Dossier non soldé chez nos voisins? Il bascule en procédure de recouvrement en France, avec majoration à la clé. Pour le locataire, c'est la double peine: frais de dossier du loueur + amende majorée par l'État français. Quand le PV remonte via la lecture automatisée de plaques (ANPR) au passage de frontière, le transfert est quasi instantané. Le conseil tombe sous le sens: on paye tout de suite, on garde la preuve de paiement, et on conteste les frais de dossier abusifs avec ticket et facture en main. Mieux encore, avant de signer le contrat de location, on lit la clause « infractions » — c'est souvent là que se cache la vraie note, celle que le commercial n'évoquera jamais en agence.