Leasing social : les dessous financiers de la troisième vague électrique
« Une voiture électrique à 100 € par mois, sans apport, pour tous les Français modestes. » La promesse, signée Emmanuel Macron, fait un retour en fanfare ce 16 juillet 2026 avec le coup d'envoi de la troisième vague de leasing social.

Sauf que sur le ticket de caisse, la note ressemble plus à une addition de restaurant gastronomique qu'à un menu discount.
100 € affichés, 140 € réellement prélevés?
Comme le décrypte Auto Plus, le slogan politique se heurte vite à la réalité des contrats. Les loyers encadrés peuvent désormais grimper jusqu'à 200 € par mois hors assurance, selon les modèles. Mais le vrai coup de massue vient des frais que le compteur officiel ne mentionne jamais: peinture métallisée, forfait de 450 € de mise en circulation, carte grise calculée sur un cheval fiscal à 54 €. Résultat du recalcul publié par Auto Plus sur les 30 offres validées par l'État: un surcoût de 16 à 40 € par mois, soit jusqu'à +38 % par rapport au loyer vitrine. Et on ne parle même pas de l'assurance, de l'entretien ni de la recharge.
Qui peut vraiment en profiter?
Le ciblage s'est resserré. Pour décrocher le Graal électrique, il faut désormais afficher un revenu fiscal de référence par part plafonné à 16 880 €, et justifier d'un trajet domicile-travail d'au moins 10 km, ou de plus de 8 000 km par an à titre professionnel. Les aides sont par ailleurs modulées selon l'origine européenne de fabrication. Le choix s'amenuise aussi: 20 modèles distincts à partir du 16 juillet, contre 27 en 2025. Et comme le relève Auto Plus, il s'agit surtout de citadines et de SUV urbains, trop compacts pour une famille de quatre personnes — à l'exception notable des Peugeot E-308 et Renault Mégane E-Tech. La nouvelle limite de masse à 1 800 kg écarte plusieurs véhicules plus logeables, ce qui enlève déjà une part du « social » pour de nombreux foyers.
Ce qu'il faut vérifier avant de signer
Avant de se laisser séduire par le bandeau marketing, trois points méritent une lecture attentive du contrat: le détail du loyer de base (finition d'entrée de gamme, sans option), la liste des frais annexes obligatoires et le plafond kilométrique. Le leasing social reste une location longue durée, pas une promesse d'automobile solidaire. Les automobilistes intéressés gagneront à comparer sur des simulateurs indépendants et à interroger directement les loueurs sur le coût global mensuel, assurance comprise. Car entre la com' gouvernementale et la ligne de prélèvement, l'écart commence à 16 € et peut vite doubler.