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Carburant 100 % végétal : les constructeurs testent une alternative réelle au pétrole

Et pourtant, selon Auto Plus, c'est le pari que font en ce moment Toyota, BMW, Bosch et Repsol sur les routes d'Espagne.

Carburant 100 % végétal : les constructeurs testent une alternative réelle au pétrole

« Essence 100 % végétale, moteur de série, zéro modification — et 70 % de CO₂ en moins? »

Avouez que ça sonne comme un pitch marketing sorti d'un brainstorming entre un lobbyiste pétrolier et un cabinet de communication green. Et pourtant, selon Auto Plus, c'est le pari que font en ce moment Toyota, BMW, Bosch et Repsol sur les routes d'Espagne. Depuis début juillet, une vingtaine de véhicules de série — Toyota, Lexus, BMW et MINI — roulent à Madrid et dans la péninsule ibérique avec du Nexa 95, un carburant fabriqué à partir de déchets organiques, donc sans une goutte de pétrole. Et les constructeurs assurent que le comportement moteur reste strictement identique. Sur papier comme au volant. Intéressant? Oui. Définitif? On n'en est pas là.

Du bio-carburant dans un réservoir standard: c'est si simple?

Le concept, présenté ainsi, a tout du miracle technologique qu'on nous ressert tous les deux ans. Mais la différence ici, c'est que les acteurs derrière ne sont pas des start-up de garage. Repsol est le seul à proposer une essence 100 % renouvelable dans ses stations ouvertes au public en Espagne. Bosch apporte sa technologie Digital Fuel Twin, un dispositif de traçabilité numérique qui suit chaque litre de la pompe jusqu'à la combustion réelle dans le moteur. Pas de place pour l'approximation ou le « à peu près » marketing. Les constructeurs affirment une baisse d'environ 70 % des émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie par rapport au fossile classique. Soit. Mais « cycle de vie », ça inclut quoi exactement? Production, transport, stockage, combustion? Les détails du protocole ne sont pas encore sur la table, et c'est précisément là que ça coince pour quiconque a l'habitude de lire les petites lignes.

Toyota et BMW défendent le thermique — pour quand, le consommateur?

Derrière cette expérimentation, il y a un positionnement politique à peine voilé. Toyota et BMW envoient un message clair aux institutions européennes: la transition énergétique ne doit pas passer par une seule solution, à savoir l'électrique à tout-va. BMW ne prévoit pas d'abandonner le moteur thermique à court ou moyen terme — la future M3 sera proposée en électrique et thermique. Toyota, de son côté, mise aussi sur plusieurs technologies simultanément. Pour le loueur que vous êtes, le locataire occasionnel ou le pro qui gère une flotte, la question est pragmatique: quand ce carburant sera-t-il accessible au-delà de quelques stations espagnoles? À quel prix? Et surtout, sera-t-il compatible avec votre modèle actuel sans intervention moteur? Les réponses ne sont pas encore là.

Et dans tout ça, la Chine restructure son marché électrique

Pendant que l'Europe tente de sauver le thermique avec du renouvelable, la Chine prend la direction inverse sur le véhicule électrique. Selon Automobile Propre, Pékin instaure dès septembre 2026 une taxe à la consommation de 2 % sur les batteries lithium-ion — un taux qui doublera en 2027. Une exonération qui datait de 2015, quand le secteur avait besoin d'un coup de pouce. Aujourd'hui, les véhicules électrifiés représentent plus de la moitié des ventes neuves en Chine. La donne a changé. Les constructeurs qui fabriquent leurs propres cellules (BYD, Geely) seront avantagés, ceux qui dépendent de fournisseurs comme CATL devront absorber le surcoût. En bonus pour les technologies émergentes: les batteries sodium-ion, l'état solide et les piles à combustible restent exonérées jusqu'à fin 2028. De quoi relancer les investissements dans ces filières.

Alors, bonne nouvelle ou énième promesse non tenue?

Mon avis de crash-testeur urbain? Le Nexa 95 est une piste sérieuse, pas un gadget. L'implication de Toyota, BMW, Bosch et Repsol donne du poids à la démarche, et la traçabilité numérique de Bosch est une vraie garantie qu'on n'avait pas dans les expériences précédentes. Mais entre une vingtaine de véhicules testés en Espagne et la pompe du coin de votre rue, il y a un gouffre industriel et logistique. Le bio-carburant de synthèse a déjà connu des promesses non tenues dans le passé. Gardez un œil dessus, mais ne vendez pas votre voiture électrique demain matin non plus. La transition, comme d'habitude, se jouera dans les prix — et dans la volonté politique. Deux paramètres sur lesquels personne ne peut encore jurer grand-chose.